[fol. l]

Notes*sur les Poësies
de François Villon

Notes sur le petit Testament / & le grand testament

petit testament Ce titre fut donné a cette piece de poesie/ sans le consentement comme il dit dans son grand testament vers vers 756

L'an mil quatre cent cinquante six). C'est/ ainsi qu'on lit dans toutes Editions. Il n'y a/ que celle de Clement Marot qui mette/ Mil quatre cent cinquante six. Il a voulu/ par le retranchement du premier mot, reta-/ blir la mesure du vers, mais nos anciens/ étoient de bonnes gens, qui n'y prenoient pas/ garde de si prés. Ainsi ne cherchons pas tant/ à les corriger. Je dirai même que dans le/ Manuscrit de M. le Dus de Coislin Evêque/ de Metz, on dit En l'an mil quatre cent cin/quante six. Mais tenons-nous en aux/

[fol. 1v°]

Editions ordinaires

Ibidem vers 4 Franc au collier.} Travaillant vou[lon]/tiers comme les chevaux qui facilem[ent]/ tirent au collier, dit clement maro[t]/ maniere proverbiale de parler s'est [heu]/reusement conservée jusques- à nos jours/ nous y avons fait un petit changem[ent]/ car nous disons franc du collier; [Et nous]/ luy avons même donné de plus any[mées*]/ et de plus agréables explications qu'on [ne]/ faisoit autrefois: on dit communeme[nt]/ de certaines gens, qui se laissent trop aisem[ent]/enflammer: c'est un homme/franc du collier. On voit par là com[ment]/ nous sommes attentifs à perfectionn[er] notre langue. Mais me permettra [t'on]/ de dire à peu près la force de ce mo[t. Le]/ terme de franc en vieux language fra[nçois

[fol. 2]

veut dire hardy, courageux, et il a encore/ conservé cette signification dans le peuple/ de la flandre Wallonnie, aussi franc du/ collier veut dire hardy, courageux, ou qui tra/vaille avec courage. --
____________________

Ibid. vers 6 Vegece} C'est ainsi qu'on lit dans le ma/nuscrit de M. le Duc de Coislin, dans / l'Edition de Clement Marot, et dans quelques/ autres. Il y en a cependant qui mettent/ Valere eu leiu de Vegece: mais de Valere/ ou de Vegece on peut choisir, cela n'importe/ pas beaucoup. Les ouvrages de Vegece/ sur l'art militaire étoient dejà traduits,/ aussi bien que Valere Maxime.
____________________

Pag. 2 vers 14 Cy me vint vouloir de briser} c'est ainsi/ qu'on lit dans le manuscrit de Coislin/

[fol. 2v°]

Clement Marot et d'autres editions/ mettent, Me vint voulenté de briser
____________________

vers 15 La très amoureuse prison} C'est ai[nsi]/ qu'il faut lire conformément au Man[uscrit]/ de Coislin, et aux éditions de Clement [Ma]/rot et de Verard, quoique d'autres met[tent]/ La très douloureuse prison ce qui paro[it]/ cependant convenir beaucoup mieux à la suite du discours.
____________________

Ibid. vers 19 A ma deffaçon} à ma desfaicte, à m[a]/ mort, Clement Marot.
____________________

Ibid. vers 21 Dont je me dueil, et plains aux cieux}/dueil, je gémis, vient de douloir, verbe/ for expressif en notre vieil language/ que nous avons malheureusment per[du.]/ Mais Dieu nous préserve de plus gra[nde]/

[fol. 3]

perte. Nous mettons ici ce vers tel qu'il est/ dans le manuscrit de Coislin; au lieu qu'on/ lit dans l'Edition de Clement Marot, Dont j'ai deuil et me plaings aux cieulx, ce qui est moins bien que ce qu'on voit dans les autres Editions qui mettent, dont me deuil/et me plains aux cieux --

Pag. 2 vers 22 Requerant} demandant. Ce mot ne laisse/ pas d'etre encore de quelque usage dans/ notre langue --

ibid. vers 23 Dieux Venerieux} Dieux protecteurs de/ l'amour mais n'en deplaise a Villon; sont ce Le manuscrit de Coislin met Dieux Victorieux; mais nous avons suivi les éditions ordinaires./

[fol. 3v°]

Ibid vers 24 Grief d'amours} c'est le mal d'amou[r]/ selon Clement Marot. Il faut être bien sot/ d'en faire un mal. quand l'amo[ur]/ est si sage et vertueux c'est un bien: car pourquoy Dieu nous auroit il donné un coeur tendre s'il n'avoit pas voulu et quand/ is est passion, il faut s'en debarrasser.

Ibid vers 25 A celle doncques que j'ai dit.} l'édition/ de Nevard et le manuscrit de Coislin m[ettent]/ item à celle que j'ay dit. mais nous av[ons]/ suivi les éditions ordinaires, qui nous paro[issent]/ plus convenables sur cet article; parce [que]/ Le mot Item, voudroit marquer qu'il a[voit]/ deja fait quelque legs; ce qui n'est pas.

Ibid. vers 31 Pourchassé;} cherché ou meme procu[ré]/ ce mal

Ibid. vers 35 Branc} ou bracquemar, comme le [dit]/ ici Marot; ce n'est pas tant une épée qu['une]/ sabre, puisqu'il est tranchant.

Pag. 3 vers 42 Comme c'est ici une satire joyeuse/

[fol. 4]

Cheval blanc étoit sans doute un enseigne/ de Paris. ainsi ce chenal n'étoit pas de grand/ service, ainsi ne coutoit-il pas beaucoup à/ nourrir.

Pag. 3 vers 46 Omnis utriusque sexus [Depuis que les moines] avoient obtenu des privileges contrai/res aux saints canons; par là ils se préten/doient comme curez universels de tous/ les paroissiens, et les voloient recevoir à/ la confession et à la communion pascale.

[fol. 4v°]

contre le droit imprescriptible des pa[s/teurs naturels. ces derniers leur appos[e]/rent principalement le Canon celebr[e]/ du Consil general de Latran en 12[15]/ qui commence ainsi, Omnis utriusque/ sexus. Ce canon ordonne à tous le[s]/ fideles de l'un et de l'autre sexe d'all[er]/ confesse [sic] à leur propre pasteur au m[oins]/ une fois l'an; et cela dans le temps d[e] Pasques comme l'usage de l'Eglise [a] expliqué les carmes s'enviserent de soliciter [de]/ Nicolas V une Bulle qu'ils presente[rent] à l'officiel de Paris au mois de ma[y]/ 1456. L'année meme que Villon écr[it]/ ce petit ouvrage. Cette Bulle contr[adisant] au canon omnis utriusque sexus n'a[voit*]/

[fol. 5]

pas moins qu'à detruire l'économie de l'Eglise/ toujours dangereuse pour les -- vrais fideles/ L'université de Paris jugea donc qu'elle/ devoit se joindre à tout le reste du clergé/ pour s'opposer à cette Bulle ce qu'elle fit/ avec une vigueur qu'elle a si vilainement / louée. Elle chassa les moins de son/ corps, et ils n'y furent rétablis qu'après qu'ils/ eurent fait revoquer en 1457 cette constitution/du pape {"comme on devoit en* bien d' autres *"} C'etoit la matiere du temps, et c'est/ pourquoi Villon en parle ici. Voyez l'historia universitatis Parisiensis à l'an 1457./

Ibid vers 48 Mettre sus} c'est à dire s'en servir

Ibid vers 51 Cahon:} c'est une sorte de grosse mouche/ qui tourment les bestiaux et surtout les/ vaches pendant l'esté. ansi je ne sais pas comment/ il pouvoit servir à esmoucher; a moins que le/ Tahon ne fut aussi une sorte d'instrument pour/ chasser les mouches, c'est ce que veut dire esmoucher./

[fol. 5v°]

Ibid. vers 52 Qu'on veut vendre:} c'est ainsi que met [le]/ Manuscrit de Coislin. Les editions Mar[ot,] le boeuf couronné qu'il veut vendre

Ibid. vers 53 Et la vache qu'on ne peut prendre:} c'es[t]/ aisi qu'on lit dans le manuscrit de Cois[lin.]/ l'édition de Marot met: ou la vache et [qui]/pourra prendre, &c. Dans l'édition de N[evard] on lit, La vache que on pourra prend[re,] / mais l'un ne vaut pas mieux que l'aut[re.]

____________________

Ibid, vers 58 Clergeon:} petit clerc du Palais.
____________________

Ibid. vers 59 Qui ne tient ne mont ne vallée:} c'est à [dire]/ qui ne possède ni montagne ni vallée[,]/ pour mieux dire, qui ne possède rien. [Il]/ y a bien des gens dans ce cas. L'édition [de]/ Clement Marot et le manuscrit de Coi[slin]/

[fol. 6]

mettent qui n'entend ne mont ne vallée/ mais cela ne forme aucun sens raisonable./ Nous avons suivi les éditions qui nous ont/ paru les plus intelligibles.
____________________


Ibid. vers 62 Mes brayes etant aux Trumellieres.} l'édition/ de 1723 dit que cela veut dire etant déchirees/ jusques sur le gras de la jambe. Je n'en scay/ pas d'avantage la dessus --

Ibid. vers 63 Pour coëffer:} c'est ainsi qu'on lit dans le/ manuscrit de M. de Coislin et dans les meilleu[/res éditions; cependant quelques unes mettent/ pour greffer. Mais si greffer convient en quelques endroits, il n'est pas ici une affaire pour le sens. L'édition/ de 1723 met, pour coister, mais/ c'est un terme qui n'est même pas de notre/

[fol. 6v°]

ancienne langue gauloise, au moin[s]/ je n'en ay vû aucun vestige dans nos [chan]/teurs joyeux. Coyster est donc un m[ot]/ latin et rien plus que ça que au mot/ de coëffer que Clement Marot avoit [mis]/ dans son edition.
____________________

p. 4. vers 68 Obstant ce qu'il &c.} malgré qu'il so[it]/ insensé, ou plutôt malgré sa folie, ou/ quoiqu'il soit insensé. L'edition de Clé[ment]/ Marot non obstant obstant qu'il &c et c'[est]/ contre l'autorité des autres éditions de [du]/ manuscrit de Coislin que nous suiv[ons]/ ici.
____________________

Ibid. vers 69 Pourpensé:} réflechi pensé avec atten[tion.]/ Nous avons perdu ce mot qui ajoûtoit [quel]/ que chose au dessus de penser peut-[être]/

[fol. 7]

le retrouverons nous un jour, car notre/ langue n'en [sic] pas encore assez fine, ni assez/ abondante pour abandonner ainsi [ses*]/ anciens sujets; et la nation est trop changeante pour ne pas se plait/ quelque fois à/ retourner / sur ses pas, pour et faire encore honneur aux/ mots qu'elle a bannis.

____________________

Ibid. vers 70 Puisqu'il n'a rien mais qu' &c c'est a dire puisqu'il n'a/ plus qu'une armoire; mais que pour plus que, terme qui s'est conserve dans la franche Picar/die, où le bas peuple dit encore: Je n'ay mais/ que cha, pour je n'ai plus que cela. Nous/ avons suivi pour ce vers et les deux suivans/ le manuscrit de Coislin qui donne/ un sens plus raisonable que les imprimez/ qui sont asses fautifs en cet endroit.
____________________

Ibid. vers 70 Aumoire:} se dit encore dans quelques/

[fol. 7v°]

Provinces pour armoire, qui est vra[i.]
____________________

Sur Maupense:} pour chez Maupense
____________________

L'art de memoire:} c'etoit quelque li[vre]/ du temps dont Villon vouloit qu'on r*eg[*]/ ce pauvre clergeon, et Maupense eb [est]/ sans doute le libraire.

Ibid. vers 75 Pour Dieu n'y ayez point envie, M[es]/ Parens, Mes parens vendez mon haubert:} [le ma]/nuscrit de M de Coislin est conforme [à] l'edition de Clement Marot. Les aut[res]/ éditions mettent mes parens ayent [envie], Pour Dieu qu'on vende mon haubert:[}] c'est tout un.

Ibid. vers 76 Haubert:} espece de jacquette ou cam[ail/

[fol. 8]

de maille de fer, dont on se servoit à la/ guerre pour arme defensive, il n'y avoit/ autrefois que les chevaliers, ou gens de grande condition qui eussent droit de porter/ cette sorte d'armure. On en voit fort souvent/ au figures des anciens tombeaux. Marot/ fait cette Note sur le mot haubert que Villon/ fait, dit-il, rimer avec pluspart, ce qui montre/ que Villon etoit de Paris où on prononçoit/ haubart et Robart.
____________________

Ibid. vers 79 A ce poupart.} à ce jeune homme, ou a ce/ jeune damoiseau, à ce jeune écolier. Il y a/ de quoy choisir dans les explications qu'on/ peut donner à ce mot, qui étoit assez en/ usage dans nos Poëtes anciens comme et je trouve meme dans le Champion des Dames/

[fol. 8v°]

Ibid. vers 80 Une fenestre emprès Sİ Jacques:} c'est [ce]/ que lit le manuscrit de M.de Coislin,/ non pas auprès de Sİ Jacques comme l'a [mis]/ Clement Marot. Par cette fenestre M[arot]/ entend ces petites boutiques d'écrivain qu'[il] y avoit alors vis-à-vis le petit portrait [de]/ St Jacques de la Boucherie, à l'endroit/ qu'on nomm [sic] encore aujourd'hui la [maison*]/ des écrivains ces petites boutiques ont [été]/ depuis transportées sous les charniers du/ cimetière des Innocens --

Ibid. vers 81 De rechief je laisse en pur don:} c'[est]/ ainsi que porte le Manuscrit de M. [de]/ Coislin qui est en cela plus exacte que [les]/ editions ordinaires.
____________________

Hucque:} habit du temps, dit Clement [Marot]/ dans ses notes sur Villon, mais Borel dans ses antiquetez gauloises fait assez [bien]/ entendre que c'est une Robbe/

[fol. 9]

Ibid. vers 84 Le gland d'une saulsoye:} raillerie parce/que les saules ou la saulsoye ne porte point/ de gland.

Ibid. vers 85 Une grasse oye: } l'oye etoit autrefois une volaille/ de gens delicats et friands (Pathelin [in]viste le [dr]appier [de] venir manger son oye); aujourd'huy cette viande/ est abondante au bas peuple.

Ibid. vers 86 Haulte gresse} Pour dire bien gras. Ce/ terme a été depuis assez en usage dans quelques/ Satiriques. Rabelais s'en est servi. Jusques-là/ même que j'ay lû quelque part un breviaire/ de haulte gresse pour dire un vieux breviaire/ si gras et si usé qu'on ne le peut plus/ lire; et ce sont là les bons ecrits.
____________________

Ibid. vers 88 Et deux procez, que trop n'engresse.} c'est ainsi/ qu'on lit dans le manuscrit de M. de Coislin, ce qui confirme l'édition de Clement Marot.

pag. 5 vers 96 Surquerir:} exiger de ses amis, ou surcharger ses amis./

[fol. 9v°]

Ibid. vers 98 La garde:} Le gouvernement [du] chat[eau]/ de Nigeon.
____________________

Ibid. vers 100 Vicestre:} le chateau de Bicestre [dans]/ Paris sur le chemin de ville juif. ce cha/teau etoit autrefois une maison appart[enant] à Jean Evêque de Vincenes en angle[terre]/ d'où par corruption on a fait Bicestre./ Depuis ç'a été une maison Royale, [et]/ elle est devenue un hopital depuis le [regne]/ de Henry IV Roy de France. Voyez ce Chateau Fauchet en ses antiquit[ez]/

[fol. 10]

et les notes d'Andre Duchesne sur Alain Chartier pag. 817 et 818.
____________________

Ibid. vers 100 Donjon:} c'etoit l'usage que tous les an/ciens chateaux de consequence avoient autre/fois un donjon, c'est a dire une grosse tour qui servoit de forteresse ou/ de citadelle au chateau.

____________________

Ibid. vers 101 Malostru:} En languedoc on dit Malestrue,/ qui vient, dit-on du Latin Malestructus,/ homme fait, mal bâti.

Ibid. vers 102 Moutonnier} Je crois que cela veut dire bête, sot, imbecille. --

Ibid. vers 104 Ceps:} en prison, Clement Marot/

[fol. 10v°]

Ibid. vers 106 L'abreuvoir Popin:} C'est un abreuvoir/ de Paris, qui est au bout de la rue Thibault [ou]/ entre le pont neuf et le pont au change/ cet abreuvoir qui étoit alors le plus gr[and]/ de Paris a quelquefois servi à nod P[oëtes]/ pour en faire une comparaison av[ec]/certaines les femmes; comme on le voit par/ ces vers de Coquillart.
      femme qui aime le lopin,
      le vin, et les friands morceaux,
      c'est un droit abreuvoir Popin,
      chascun y fourre ses chevaulx.
____________________

Ibib. vers 108 Lopin:} terme burlesque pour dire mo[rceau]/

[fol. 11]

Ibid. vers 109 La Pomme de Pin:} c'étoit alors un des/ plus celebres cabarets de Paris, et il y en/ a encore quelques-uns de ce nom, surtout/ celui qui est vis a vis l'Eglise paroissale de la Magdelene dans la Cité, C'est le meme dont parle Villon; Et il y en a un autre pres &c près de la jurisdiction des Consuls derriere St Merry
____________________

Ibid. vers 110 Au feu la plante:} Terme burlesque/ et trivial pour dire empêché de flegme/ ou pituite epaisse qui empeche de cracher, selon Clement Marot.
____________________

Pag. 6 vers 115 Le gré du Seigneur qui acttainct:} c'est à/ dire la faveur du Lieutenant Criminel ou/ de Tristan L'hermite. Clement Marot. Ce Tristan L'hermite etoit grand Prevost, Et/ de france, et favori fut depuis l'un des favoris/ de Louis XI parce qu'il /

[fol. 11v°]

expedioit promptement et secretement tous ceux que ce prince vou[loit] faire perir.

Ibid. vers 116 Troubles forfaits.} Larrecins cachez, [selon]/ Marot.

Ibid, vers 119 Sur} pou chez.
____________________

Ibid. vers 119 Cordouënnier:} c'est ainsi qu'en vi[eux]/ stile il faut écrire ,| ce mot qui vient de c[or]/douën, qui vouloit dire cuire parce [que]/ le cuir dont on se servit d'abord en Fr[ance]/ venoit de Cordouë en Espagne.
____________________

Ibid. vers 121 C'est le chef et capitaine du Guet/ de la garde de tant à pied qu'à cheval q[ui]/ fait la ronde ou la patrouille de nu[it]/ dans les ruës de Paris pour en écarter le[s]/

[fol. 12]

voleurs. On appelle le chef de cette troupe/ chevalier, parce qu'il en est resté seul avec sa/ compagnie en possession de l'ordre de/ Chevalerie de l'Etoile, qu'ils portent encore/ sur leur bandeliers. Cet ordre crée par Jean Roy de france s'etoit si fort/ avili qu'on crut faire honneur à cet ordre/ d'en revestir cette espece de gens, qui sont moitié bourgeois moitié soldats./ La charge du chevalier de guet a été supprimée/ depuis peu de tenps. Ce n'est plus qu'une commission./

Ibid. vers 122 Le heaulme.} sur l'écuson étoit une marque/ de distinction, selon la manière dont il étoit/ posé; ouvert de front, de profil, ou inclinée: c'est donc ici une sorte de raillerie ici contre/ le chevalier du Guet, à qui il attribuë le/ heaulme, ou le grade de la noblesse parce/ qu'il est chef d'une bande de gens qui/ porte de nuit des épées et des armes/

[fol. 12v°]

Ibid. vers 123 Pietons:} le guet à pied
____________________

Ibid. vers 123 Daguet:} guêtant, espionnant s'il n'y [a]/ point de malfacteurs ou vagabonds/ cachez sous les avances des boutiques [des]/ marchandez.
____________________

Ibid. vers 124 Establis:} étaux ou avances des bouti[ques]/ des marchandez.

Ibid. vers 125 Rubis.} Rubis de taverne qu'il avoi[t]/ au visage, c'est- à-dire de ces rouges b[ouches*] dont la face des ivrognes est enluminée/ c'est le sentiment de Clement Marot./
____________________

Ibid. vers 126 Apparemment alors qu'il y avoit [une]/ lanterne au coin de la rue de la pierre/ au laict, dont le carrefour qui est près St/

[fol. 13]

Jacques de la Boucherie est encore assez dangereux pendant la nuit./
____________________

Ibid. vers 127 Les trois licts:} une des chambres du Châte/let selon Clement Marot, qui connoissoit fort ce pays-là./

vers 129 Ce huitain qui manque dans tous les/ imprimez se trouve dans le manuscrit de/ M de Coislin. Il doit mesme etre retabli/ puisqu'il est rappelé dans le grande [sic]/ Testament au vers 771 et suivants./

vers 132 Gluyons de fouerre} ce sont des bottes/ de Pailles. Ce legs est rappellé vers 773 du grand testament[,]/ preuve certaine que ce huitain qui manquoit dans/ les meilleures editions est certainement de Villon[.] Nicot dans son dictionnaire/ tourne le mot de glu de fourre par ceux ci fascis S* amentorum/

vers 136 Ce metier est, dit on d'autant plus/ singulier, que les moines y sont plus habiles que les plus grans maitres/
____________________

[resume fol. 13] Ibid. vers 138 Je laisse à la fois un canart.} c'est ainsi/ qu'on lit dans le manuscrit de M. de/ Coislin. Il y a dans l'édition de Clement/ Marot, pour à la fois laisse un canart. Mais l'un et l'autre veulent dire, Je laisse pour une fois/ un canart.

Ibid. vers 139 Comme on souloit:} Comme on avoit de coutume./
____________________

Ibid. vers 140 Paris etoit alors environné de grands/ fossez, dont il n'est plus resté que les noms/ dans les divers endroits où ils ont été comblez/ et remplacez par des ruës ainsi on dit ruë/

[fol. 13v°]

des fossez Sİ Victor, ruë des fossez Montm[artre,]/ ruë des fossez de M le Prince, ruë d[es]/ fossez St Germain./
____________________

Ibid. vers 141 Tabart:} Espece de cape ou capote qu[i]/ servoit de manteau. C'est à peu près [la]/ note de Clement Marot sur cet endroit./
____________________

Ibid. vers 144 Houseaux, &c.} C'étoient sans doute d[es]/ guêtres ou bottines, puisque les soulier[s ne]/ tenoient pas./
____________________

Pag. 7 vers 145 Derechief je laisse en pitie} c'est ainsi qu'on lit d[ans]/ le manuscrit de M. de Coislin, au lieu que dans l[es]/ editions ordinaires on lit Item je laisse par pitié;/

Ibid. vers 148 Povres orphelins impourvus, &c:} c'est a[insi]/ que le manuscrit de M. de Coislin m[et ce]/ vers et les suivans, au lieu que l'éditi[on] de Clement Marot met ainsi ces vers Nommez en ce present traictié/ qu'ils en soient mieulx connus, [povres orphe]/lins impourvûs [et denuëz comme les/

[fol. 14]

*mais ces mots, afin qu'ils en soient mieulx/ connus manquent dans presque toutes/ les editions, au desquels le manuscrit/ de Coislin met Tous deschaussez tous/ despourveus, ce qui convient mieux à la suite du discours./
____________________

Ibid. vers 148 Impourveus:} pour dépourvûs, secours abandonnez./
____________________

Ibid. vers 150 C'est-à-dire nuds comme un vers. C'est/ encore une maniere de parler proverbialem[ent.]/
____________________

Ibid. vers 155 Desprins:} Manquant de biens et de parens./
____________________

Ibid. vers 158 Quatre blancs:} ce sont vings deniers/ la somme n'est pas grande; aussi/ Villon étoit fort pauvre./

[fol. 14v°]

Ibid. vers 161 Ma nomination que j'ai de l'université[:}]/ Par la pragmatique sanction établi[e en]/ 1438, les universitez de France avoient/ droit de nommer estudians de leurs [corps]/ pour requerir quelques benefices ecclé/siastiques. Villon avoit obtenu une de ces nom[ina/tions./
____________________

Ibid. vers 164 Forclorre:} exclure, exempter./

vers 166 Intendit:} intention, clauses ou stipula[tions]/ conformement à l'intention des/ estamens/

Ibid. vers 172 Sans Estry.} pour sans estrif c'est-à-dire sans com[mo/tion, ou qui sont tranquiles et pacifiques./ Le manuscrit porte estrif et il a raison. c'est/ de la que vien le mot d'estriver qui est d'usa[ge]/ dans la flandre wallone pour dire disputer/

[fol. 15]

pag. 8 vers 173 Lectry.} pour Lutrin; terme corrompu/ pour le faire rimer à Vitry. Sur Lectry pour/ Lutrin voyez Villehardouin art 17 pag 11/ Edition du Louvre/

Ibid. vers 180 Seine.} ordure: au moins je le crois ainsi/
____________________

Ibid. vers 181 Pigeons;} prisonniers selon Clem. Marot/
____________________

Ibid. vers 182 Essoine:} veut dire en cet endroit peine, chagrin, affliction/

Ibid. vers 182 Trappe voliere:} prison selon Clement Marot/

Ibid. vers 183 Idoine.} propre et convenable pour s'y/ mirer et regarder

Ibid. vers 184 Et la grace de la geoliere:} cela sert a plus d'une chose/

[fol. 15v°]

Ibid. vers 188 Grognee} terme burlesque pour dire quelques [coups]/ de baton ou de baton ou de poing
____________________

Ibid. vers 192 Enfondus:} ceux et décharnez. Selon Clement Marot
____________________

Ibid. vers 195 Sans destourbier:} sans aucun empêcheme[nt]
____________________

Ibid. vers 197 Tieux:} pour tels; c'étoit le terme d'usage/ dans ce temps-là.

____________________

Ibid. vers 202 Filles Dieu.} Religigieuses fort celebre[s de]/ Paris, qui demeurent pres de la Porte Sİ [Denis]/ ou elles avoient autrefois un grand domicile.

Ibid. vers 202 Beguines:} ce sont des filles retirées qui v[ivent]/ sous une regle, sans neamoins faire de [voeux.]/ Il y en a beaucoup en flandre ou elles [font]/ dans la roture ce que les chanoinesses [font]/ dans la noblesse, mais je crois que Villon/ parle ici des Religieuses en général./

[fol. 16]

Ibid. vers 205 Les quinze signes}/ Je crois que cela regarde une espece de/ petite piece comique faite vers ce temps, qui/ a pour titre les quinze signes descenduz/ en Angleterre ou avec des choses fort fades,/ on trouve des pensées joyeuses et singulieres. Ibid. vers 208 C'es est du meins} pour dire c'est bien la moindre/ chose qu'ils puissent faire.
____________________

Ibid. vers 209 Pour faire sur moy griefs explets}/ On voit par là que Villon s'etoit fait deja/

[fol. 16v°]

quelques affaires, et qu'il avoit été en pr[ison]/ mais cela ne le corrigea point non pl[us]/ que bien d'autres.
____________________

Ibid. vers 215 Sainct Anthoine l'arde:} s'etoit une im[pré]/ cation familiere qui a dure longtemps/ a cause d'une espece de maladie qui regnoit da[ns]/ ce temps la, et qu'on appeloit Le feu Saint Antoine.

Ibid. vers 223 Pour luy donner encores mieulx:} / au lieu de ce vers Marot met dans son edition. Pour/ leur donner entre my eux; mais cela [ne] signifie rien, il faut laisser le vers tel [que] nous l'avons mis, conformément au m[anus]/crit de M. de Coislin: ou si on le v[eut]/ changer, ce ne pourroit être qu'en y m[ettant] Pour leur donner encore mieulx, qui/ convient au reste de ce huitain.

Ibid. vers 224 Escus telz que Prince les donne.} c'est un trait d[e]/ satyre contre Charles VII./

Ibid. vers 226 En bonne:} C'est à dire étant en bonne verve/ cette maniere de parler. Je trouve en[core] en quelques vieulx livres./

[fol. 17]

Pag. 10 vers 228 La cloche de Sorbonne sonne encore tous/ les jours à la même heure pour avertir / Docteurs au/ gîte qu'il est beau de se retirer
____________________

Ibid. vers 231 Et cy mis borne:} Pour, et je mis fin ici.
____________________

Ibid. vers 236 Escouvillon} c'est un houssoir/ fait de lambeaux de grosse toile qu'il est/ a netoyer la four avant que d'y cuire/ le pain
____________________

Ibid. vers 239 Il n'a mais qu'un &c.} pour il n'a plus/ qu'un peu de billon, c'est-à-dire de mau/vaises pieces d'argent ou de menuë/ monnoye





*In the case of Lenglet's notes, it is more difficult to determine the intention of the author than it is in the text source (B.L.241.f.17). For the text, we have a printed edition of another editor's work with Lenglet's manuscript corrections and insertions, often confirmed by a remark or a repetition of the text in the notes. For the notes, apart from what Lenglet indicated in the text source, there is nothing to confirm intention, and I am forced to go with peleographic evidence, tempered with what I know of Lenglet's editing habits.

As with the text, this is essentially a transcription of Lenglet's work, though I have indicated restored text in square brackets, and placed an asterisk in a dozen places where I could not discern what Lenglet meant to say. Diacritical marks have been reproduced as they are in the manuscript, and none have been added. I have left certain codicological indicators in my transcription. Slashes indicate line changes, and I have retained underlining. Crossed out text has been removed, and I will comment on it and paleography along with added text in a future section of notes devoted to paleography and codicology.



18685