Yasmine D.
"Les enfants croient au Père Noël: les adultes, eux. votent!"?
cette plaisanterie illustre la désillusion grandissante de nombreux Français vis-à-vis
des politiques. Alors en ce qui me concerne, je continuerai à croire au Père
Noël!...tout en restant consciente que le bulletin de vote n'est pas suffisant pour faire avancer une
société.
Il est vrai que le système politique actuel serait à revoir notamment en ce qui concerne le
cumul des mandats. De nombreux députés sont également maire d'une ville et
président d'un conseil général. Ils empêchent, par conséquent,
d'autres personnes, susceptibles d'innover, d'exercer le pouvoir. Ce cumul des mandats apparaît
d'autant plus inacceptable que les bancs de l'hémicycle sont régulièrement
désertés et que des lois iniques peuvent ainsi être votées. Cet
absentéisme discrédite l'ensemble de la classe politique: nos représentants
semblent plus préoccuper par les intérêts d'une carrière (par exemple, des
indemnités élevées et des avantages en nature) que par les votants qui les ont
élus. Mais loin de moi l'idée de reprendre les propos la démagogique
extrême-droite en clamant que tous les politiques ne sont que des pourris!
Néanmoins le problème organisationnel n'est pas la cause majeure du
désenchantement vis-à-vis des politiques. Aujourd'hui bien qu'ils semblent impuissants
à résoudre les problèmes économiques, ils continuent à faire des
promesses pour résorber le chômage. L'un des paradoxes de notre société
est que nous nous trouvons dans l'ère du service et qu'au lieu d'embaucher dans les
hôpitaux ou dans l'éducation, l'Etat réduit le nombre de postes sous
prétexte que ce n'est pas rentable! La richesse d'un pays doit-elle être
nécessairement synonyme de PNB élève?
Bien que les politiques soient quasiment impuissants en matière économique, il est un
domaine dans lequel leurs - et donc nos - choix sont déterminants: le social et plus
généralement la société. Ce sont par les lois et les budgets que les
politiques votent que s'oriente la société dans telle ou telle direction. Ainsi en 1981 M.
Badinter fait abolir la peine de mort. Aujourd'hui, l'Assemblée Nationale est dominée par la
droite (à tendance conservatrice) et nombre de députés tentent d'interdire
l'avortement (en empêchant son remboursement), refusent d'accorder le droit de mariage et autres
droits aux homosexuels, ou empêchent la légalisation du cannabis et prônent une
répression plus sévère vis-à-vis des consommateurs.
De même au nouveau local, les citoyens ressentent les répercussions de leurs votes. Ainsi
Toulon est une des villes dirigées par le Front National (extrême-droite) et il s'y joue
actuellement une partie de bras de fer entre le maire et le directeur que ce dernier a licencié pour
opinions divergentes. Ce maire a une vision particulière de la culture qu'il tente d'imposer et
à laquelle fait front une partie des artistes français.
Ainsi loin d'appartenir à un parti pour lequel je militerais, il est néanmoins clair que mes
idéaux s'apparentent plus à ceux du socialisme. Ma conception de la
société est celle où chacun réussit à trouver sa place sans pour
autant devenir l'esclave d'un monstre économique! Enfin la politique ne peut se réduire
à une affaire dont les partis auraient l'exclusivité car elle nous concerne tous. Chacun
d'entre nous fait de la politique en prenant part à une association, à une manifestation ou
à un débat municipal.